Le patrimoine mémoriel des guerres
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Conflits commémorés
Type de monument

Au sommet se dresse la statue de la France dictant à l’Histoire les hauts faits de ses enfants. En dessous, quelques poilus conduits par la Victoire ailée jaillissent d’un tombeau dont la dalle vient écraser l’aigle allemand. Enfin, à chaque angle du socle, un groupe de personnes nous rappelle l’horreur de la guerre : la mort d’un être cher, les bombardements aériens, les naufrages ou encore les travaux forcés.

Caractéristiques
Matériaux
Le reste en savonnières Aigle en bronze en pierre de Villebois, Première assise en roche de Saint-Quentin
Commentaires
Relève depuis 1972 de Dunkerque

À NOS MORTS
-
À LA MÉMOIRE DES SOLDATS
MORTS POUR LA FRANCE
VICTIMES DES GUERRES
1939-1945
INDOCHINE ET ALGÉRIE

1914-18
AFN-Algérie (54-62)
  • GONTIER Arthur Architecte
    Partie : Monument
  • RINGOT Maurice Sculpteur
    Partie : Sculpture

Monument aux Morts 1914-18
L'école Pasteur et le Monument aux Morts
Localisation

de l'abbé Bonpain

Document DRAC
  • Document DRAC

Historique du monument

1921

Inauguration

dimanche 6 novembre 1921

Inauguration - Presse

jeudi 10 novembre 1921

Le Grand Hebdomadaire, n°47
Dimanche 20 novembre 1921, couverture, p. 410

La ville de Rosendaël, qui conserve à bon droit la réputation de « bien faire les choses », se devait de glorifier magnifiquement ses 483 enfants tombés au champ d’honneur, au cours de la dernière guerre.
Elle l’a fait le dimanche 6 novembre, en inaugurant sollennellement un monument commémoratif qui dépasse de beaucoup tout ce qu’on pouvait espérer ; et cette manifestation a été empreinte de cette générosité et de cette cordialité qui caractérisent si bien la population rosendaëlienne. Le monument est une véritable œuvre d’art fort bien conçue, la plus belle et la plus importante de toutes celles qui aient été réalisées jusqu’ici non seulement dans notre région, mais dans la France entière.
Elle ferait, à n’en pas douter, ainsi d’ailleurs que l’on pourra s’en convaincre par les reproductions photographiques ci-contre, l’ornementation d’une grande ville ; aussi, les Rosendaëliens peuvent, à juste titre, s’en montrer fiers. Il ne sera pas inutile d’en noter ici l’histoire et le détail en u court exposé.
Dès 1915, M. Félix Coquelle, le très distingué maire, demandait à MM. Maurice Ringot, statuaire à Malo-les-Bains, et Arthur Gontier, architecte, d’établir un projet de monument aux soldats de Rosendaël morts pour la France. L’étude se poursuivit au milieu des bombardements et des misères de la guerre. L’inspiration générale de l’œuvre s’en ressent, comme elle se ressent aussi et surtout de la confiance et de l’espoir constant dans la victoire. Déjà la première esquisse, présentée en 1916, en faisair le motif principal.
En 1917, tout était au point, le projet définitif était adopté. On n’attendait plus que des temps meilleurs pour passer à l’exécution. Depuis un an, M. Ringot, aidé de collaborateurs de talent, parmi lesquels nous tenons à citer un Lillois, M. Edgard Régrigny, sculpteur et ami personnel du statuaire, travailla sans relâche à l’achèvement de l’œuvre qui fait aujourd’hui l’orgueil de la cité rosendaëlienne.
Sur un vaste plan rectangulaire s’élève le socle bâti en pierre dure et auquel on accède par de larges degrés. C’est là qu’est campé le monument. Les larges faces latérales lui donnent l’ampleur que l’exiguïté de la place ne permettait pas d’attribuer à la face principale. Cet ensemble très simple, aux profils égyptiens, est entièrement exécuté en pierre et représente un tombeau d’où jaillit, la Victoire en tête, un groupe serré de poilus de toutes armes. L’expression des physionomies et l’allure générale du groupe redisent toute leur vaillance. Dans leur élan ils ont rejeté la lourde dalle qui fermait leur tombeau et cette pierre, en se brisant au pied du monument, écrase l’aigle allemand. C’est la résurrection glorieuse des morts dans leur victoire. Au-dessus du groupe central et pour couronner l’œuvre, se dresse un autre sujet : la France victorieuse dictant à l’Histoire les hauts faits de ses enfants. Aux quatre angles du monument viennent s’adosser des groupes évoquant les misères des civils durant cette longue guerre, misères dont les habitants de nos régions ont été particulièrement victimes. Les groupes que l’on distingue sur la face principale rappellent le martyre des pays envahis : à droite, ce sont les prisonniers civils. Un vieillard – un otage sans doute – est attaché au poteau ; il est parvenu à libérer un bras et il tend le poing vers l’aigle oppresseur tandis que son regard exprime au symbole de l’impérialisme boche le plus profond mépris. À ses pieds, gît, mourant de fatigue et de privations, un jeune homme que les travaux forcés ont épuisé. À gauche, une mère farouche tend également vers l’aigle honni un poing vengeur et sa bouche crie toute sa haine. Une jeune fille, les vêtements arrachés, demi-nue, victime de la bestialité allemande, se blotti contre elle et se cache sur ses genoux. Les groupes de la face postérieure rappellent : l’un par une scène émouvante de naufrage, inspiré du Lusitania, les torpillages en mer ; l’autre a trait aux bombardements : une femme anxieuse, affolée au milieu des décombres de sa maison détruite par une bombe, serre contre elles ses enfants et, comme si elle s’attendait à de nouveaux malheurs, elle tourne vers le ciel ses regards implorant pitié. Tel est le monument que les Rosendaëliens ont élevé à la mémoire de leurs morts de la guerre.
Cette œuvre d’art qui nous change de tant de laides banalités, a coûté 240.000 fr.
Nous n’étonnerons personne en ajoutant qu’une très grande part de cette somme a été versée par M. Félix Coquelle, maire et conseiller général, qui a déjà donné à la ville, qu’il administre à la satisfaction unanime, tant de preuves de son généreux dévouement. Toute la presse a décrit ce que fut la journée du 5 novembre qui comporta deux cérémonies : celle de la bénédiction du monument, le matin, et celle de l’inauguration officielle, l’après-midi, en présence de toutes les notabilités de la région.
On gardera longtemps à Rosendaël le souvenir de cette manifestation grandiose par laquelle la population a dignement honoré ses morts de la grande guerre.

Le Grand Hebdomadaire

2009

Autres

dimanche 1 novembre 2009

Dunkerque Magazine, Novembre 2009, n°201, p. 27-28

Le monument de Rosendaël Aussi imposant qu’impressionnant, le monument aux morts de la place de l’Abbé Bonpain commémore depuis 88 ans le sacrifice des 481 Rosendaëliens décédés au cours de la Première Guerre mondiale. Commandée par Félix Coquelle, maire de la commune, au lendemain de la disparition de son gendre tombé au champ d’honneur en 1915, cette oeuvre de l’artiste malouin Maurice Ringot se démarque des autres créations de l’époque par la richesse de sa composition. Au sommet se dresse la statue de la France dictant à l’Histoire les hauts faits de ses enfants.
En dessous, quelques poilus conduits par la Victoire ailée jaillissent d’un tombeau dont la dalle vient écraser l’aigle allemand. Enfin, à chaque angle du socle, un groupe de personnes nous rappelle l’horreur de la guerre : la mort d’un être cher, les bombardements aériens, les naufrages ou encore les travaux forcés.
Inauguré le 6 novembre 1921, ce mémorial conserve également le souvenir des victimes du dernier conflit mondial et des deux guerres d’Algérie et d’Indochine.

Dunkerque Magazine

2019

Rénovation

mercredi 8 mai 2019

Une nouvelle jeunesse pour le monument aux morts presque centenaire

Après un mois et demi de travaux, le monument aux morts de la place de l’Abbé-Bonpain a dévoilé sa nouvelle livrée ce mercredi matin, jour de commémoration de la victoire de 1945.

Il est couvé du regard par, d’un côté, le buste de Félix Coquelle, de l’autre par celui de l’abbé Bonpain. L’imposant monument aux morts de la place éponyme, à Rosendaël, a dévoilé sa nouvelle livrée ce mercredi matin, jour de commémoration de la victoire de 1945. Après un mois et demi de travaux, menés par la société Serviloc – celle qui a aussi restauré la statue de Jean Bart, la colonne de la Victoire, le monument des fusiliers-marins, la statue de la place de la République  –, l’édifice en forme de pyramide tronquée a retrouvé toute sa superbe. Les équipes de professionnels l’ont entièrement nettoyé, sablé.

L’aigle en bronze, symbole de l’ennemi allemand, terrassé par la dalle du tombeau des Poilus.

La grille en fer forgé, qui était rouillée, a été restaurée. L’aigle en bronze, symbole de l’ennemi allemand, a été déposé afin d’être reteinté.

Inauguré en 1921

Le monument est d’abord né dans la tête de Félix Coquelle, maire de Rosendaël en 1915. Son beau-fils, Henri Loubry (qui a donné son nom au château), étant tombé au champ d’honneur la même année, il a l’idée de faire ériger un monument. Il consulte son ami, le sculpteur malouin Maurice Ringot, pensant que la victoire serait proche… Le monument ne sera terminé que six ans plus tard. Il est inauguré le 6 novembre 1921.

« Ce que l’on sait moins, c’est qu’il existait déjà une statue, sur cette place, rapporte Jean-François Montagne, maire-adjoint de Rosendaël. Le monument du cinquantenaire, qui se trouve aujourd’hui place Voltaire. Il fut déplacé à l’aide de gros rouleaux de bois, tiré par des chevaux. »

Le monument aux morts de la place Bonpain commémore le sacrifice des 481 Rosendaëliens décédés au cours de la Première Guerre mondiale.

Au sommet se dresse la statue de la France dictant à l’Histoire les hauts faits de ses enfants. En dessous, quelques Poilus conduits par la Victoire ailée jaillissent d’un tombeau dont la dalle vient écraser l’aigle allemand.

Et à chaque angle du socle, un groupe de personnes rappelle les horreurs de la guerre : la mort d’un être cher, les bombardements aériens, les naufrages ou encore les travaux forcés. Le mémorial conserve également le souvenir des victimes du dernier conflit mondial et des deux guerres d’Algérie et d’Indochine.

La Voix du Nord

Dernière modification : dimanche 4 janvier 2026

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