Le patrimoine mémoriel des guerres
88400
Conflits commémorés
Type de monument
Caractéristiques
Matériaux
granit

À LA GLOIRE DES ENFANTS
DE GÉRARDMER
MORTS POUR LA FRANCE
1914-1918

-
MARNE
SOMME
VERDUN
VOSGES

Marne
Somme
Verdun
Vosges
A-B
B-C
C-D
D-G
G-L
M-N
M-S
S-V
V-W
39-45 - Requis
39-45 - Victimes civiles
39-45 - Victimes civiles
39-45 Déportés
39-45 - Déportés - Prisonniers
39-45 - Prisonniers
39-45 - Militaires
39-45 - Militaires
39-45 - Maquisards
Indochine
Algérie
Algérie
4 stèles commémoratives ont étaient disposées tout autour de la dite place.
1914-18
ANCEL Joseph
ANDRES Robert
ANTOINE Joseph
ARNOULD Jules
BABEL Eugène
BAILLY Jean Baptiste
BAILLY Louis
BARADEL Joseph
BARTHELEMY Denis
BARTHELEMY Félicien
BASTIEN Henri
BATOZ Émilien
BAUMIER René
BEDEL Adrien
BEDEL Albert
BEDEL Alphonse
BEDEL Charles
BEDEL Constant
BEDEL Élie
BEDEL Gabriel
BEDEL Henri
BEDEL René
BERNARD Ernest
BERNARD Jean Baptiste
BERTRAND Auguste
BERTRAND Casimir
BERTRAND Joseph
BERTRAND Justin
BERTRAND Paul
BLAISE Paul
BLAISE Paul
BOFFI René
BOHRER Charles
BONLARRON Émile
BONNE Alphonse
BONNE Charles
BONNE Charles
BONNE Eugène
BONNE Félix
BONNE Jean Baptiste
BONNE Jean Baptiste
-
BONNE Jean Baptiste
BONNE Léon
BONNE Paul
BORTZ Arthur
BOUCHER François
BRAJUS Édouard
BRESSON Adrien
BRESSON Émile
BRICE Charles
BRICE Émile
BRONNIER Alphonse
BURLUREAUX Hubert
CAMBY René
CAPELLE Paul
CASTAGNE Henri
CERF Jules
CEZARD Émile
CHANEL Arthur
CHARLIER Joseph
CHARLIER Jules
CHARTON André
CHENAL Camille
CHENAL Ernest
CHENAL Félicien
CHIPOT Charles
CHIPOT Henri
CHIPOT Isidore
CHIPOT Louis
CHRETIEN Henri
CHRETIEN Marcel
CLAIR Eugène
CLAUDE Albert
CLAUDE Émile
CLAUDE Émile
CLAUDE Georges
CLAUDE Lucien
CLAUDE René
CLAUDEL Louis
CLAUDEL Lucien
CLAUDEL Paul
CLAUDEPIERRE Adolphe
-
COSTET Ernest
COSTET Lucien
COUTRET Charles
COUTRET Jean Baptiste
COUTRET Marcel
CREUSOT Albert
CUNIN Léon
CUNY Camille
CUNY Charles
CUNY Henri
CUNY Louis
CUNY Louis
CUSENIER Louis
DARGENT Paul
DAVID Émile
DAVID Henri
DEFINANCE Marcel
DEFRANOUX Albert
DEFRANOUX Étienne
DEFRANOUX François
DEFRANOUX Henri
DEFRANOUX Julien
DELAGOUTTE Émile
DELAGOUTTE Eugène
DELON Benjamin
DELORME Paul
DEMANGE JEan Baptiste
DEMANGEAT Paul
DEMANGEAT Paul
DEMENGE Paul
DEMUNIER Charles
DIDIER Albert
DIDIER Auguste
DIDIER Auguste
DIDIER Constant
DIDIER Léon
DIDIER Louis
DIDIER Louis
DIDIERLAURENT Ernest
DIDIERLAURENT Marie
DORIDANT Auguste
---
DORIDANT Cyrille
DORIDANT Jean
DORIDANT Jean baptiste
DORIDANT Joseph
DORIDANT Joseph
DORIDANT Léon
DORIDANT Louis
DORIDANT Sulpice
DUCHENE Émile
DUFOUR Émile
DUFOUR Victor
ESSEL Henri
ETIENNE Édouard
EVE Marius
FERBUS Frédéric
FERRY André
FERRY Arthur
FERRY Émile
FERRY Isidore
FERRY Nicolas
FERRY Paul
FISCHESSER André
FISTEUR Fernand
FLEURANCE Albert
FLEURANCE Charles
FLEURANCE Jules
FLEURANCE Louis
FLEURANCE Paul
FLEURANCE Victor
FLEUTIAUX Paul
FOUGEROLLE Edmond
FRECHIN Auguste
FRECHIN Charles
FREMIOT Camille
GARRET Jules
GASPARD Marcel
GAUNAND Jean
GEGOUT Charles
GEGOUT Louis
GEHIN Edmond
-
GENLOT Albert
GEORGEL Nicolas
GEORGEL Raphael
GEORGES Maurice
GERARD Ernest
GOERY Maximilien
GREMILLET Georges
GREWEY Simon
GULLMANN Joseph
GUYOT Toussaint
HALHOUTE Jean Baptiste
HELLUY Albert
HELLUY Jean Baptiste
HELLUY Paul
HELLUY Charles
HENNY Charles
HENRY Joseph
HENRY Marcel
HENRY Victor
HUMBERT Camille
JACQUE Marcel
JACQUOT Camille
JACQUOT Henri
JARDIN Louis
KILFIGER Georges
LALEVEE René
LECOANET Camille
LEJAL Joseph
LEJEUNE Paul
LEMAIRE Charles
LEMOINE Fernand
LEMUHOT Eugène
LEONARD Albert
LEONARD Benjamin
LEROY Émile
LEROY Jean Baptiste
LEROY Joseph
LEROY Jules
LEULIER Robert
LIEVRE Alphonse
LIEVRE René
-
MAINGON Joseph
MANGIN Charles
MARCHAL Amédée
MARCHAL Auguste
MARCHAL Jean
MARCHAL Joseph
MARCHAL Jules
MARCHAL Louis
MARCHAL Lucien
MARCHAL Robert
MARION Lucien
MAROTEL Aimé
MARTIN André
MARTIN Constant
MARTIN Émile
MARTIN Henri
MARTIN Joseph
MARTIN Jules
MARTIN Lucien
MARTIN Lucien
MARTIN Victor
MATHIEU Auguste
MAURICE Albert
MERVELET Alfred
MESSE Camille
MEYER Arthur
MEYER Ernest
MIGNAULT François
MORAND Georges
MOREL Charles
MOREL Jean Baptiste
MOREL Lucien
MOREL Paul
MOREL Prosper
MOREL René
MOUGEL Camille
MOUGEL Charles
MOUGEL JEan Baptiste
MOUGIN Gabriel
NETTER Gustave
NETTER Julien
----
NETTER Lucien
NICLOUX Auguste
NOEL Eugène
NOEL Oscar
OSTERMANN Jean
PARMENTELAT Georges
PARMENTELAT Léon
PIERRIGNON Oscar
PIERRAT Charles
PIERRAT Paul
PIERRE Joseph
PIERREL Camille
PIERREL Louis
PIERREL Lucien
PIERROT Charles
PIERROT Désiré
PIERROT Émile
PIERROT Georges
POIROT Gabriel
PRINCE Henri
RAOULX Georges
REGAZZONI Charles
REGAZZONI Louis
REGAZZONI Paul
REMY Albert
REMY Edmond
REMY Henri
REMY Honoré
REMY Jean Baptiste
REMY Louis
REMY Paul
REMY Paul
RENARD Charles
RENOUARD Gustave
RICHARD Marcel
RIVOT Émile
RODRIGUE Camille
ROUSSEAU Paul
ROUYER Léopold
SACHOT Henri
-
SAINT-DIZIER Gaston
SAUMIER Cheri
SCHRAPFER Victor
SIMON Adrien
SIMON Auguste
SIMON Camille
SIMON Henri
SIMON Henri
SIMON Joseph
SIMON Lucien
SIMONIN Victor
SIREDEY Guy
SONREL Auguste
STEVENS Joseph
THOMAS Albert
THOMAS Albert
THOMAS Alphonse
THOMAS Auguste
THOMAS Auguste
THOMAS Charles
THOMAS Charles
THOMAS Émilien
THOMAS Félix
THOMAS Henri
THOMAS Jean Baptiste
THOMAS Jean Baptiste
THOMAS Joseph
THOMAS Lucien
THOMAS Maurice
THOMAS Paul
TISSERANT André
TISSERANT Charles
TISSERANT Lucien
TISSERANT Paul
TISSERANT René
TORSE André
TOUSSAINT Just
TOUSSAINT Lucien
TSCHUPP Alfred
UMBDENSTOCK Émile
VALENCE Georges
-
VALENCE Henri
VALENCE Joseph
VALENCE Léon
VALENTIN Georges
VALENTIN Henri
VALENTIN Henri
VALENTIN Jean Baptiste
VALENTIN Jules
VALENTIN Léon
VALENTIN Louis
VALENTIN Louis
VALENTIN Maurice
VALENTIN René
VALMONT Alfred
VINCENT Benoit
VINCENT-VIRY Camille
VINCENT-VIRY Lucien
VINCENT-VIRY Paul
VIRY Charles
VIRY Joseph
VIRY Lucien
VIRY René
VOIRIN Léon
VOIRIN Lucien
VOIRIN Paul
VOIRIN René
VUILLAUME Adrien
WEILL Lucien
WELKER Léon
WORMSER Lucien
-
Victimes civiles
MATHIEU veuve BRONNER Marie-Louise
JACQUOT Marie-Angèle
1939-45

Requis
ANTOINE André
BASTIEN Marcel
BASTIEN Robert
CAEL Hubert
DORIDANT Jean Marcel
FLAGEOLLET Maurice
PERRIN Georges
RAGAZZOLI Noël
FINANCE Maurice
---
Victimes civiles
BERNARD Georges Charles
BERNARD Marcel
BEDEZ Henri Joseph
BRULTEY Maurice André
GAUDEL Victor Joseph
GAUDEL née MICHEL Marie
GAUDEL Zoé
LEROY Raymond
LHOTE née COLIN Marguerite
MARION née THOMAS Marguerite
MICHEL Jules
MICHEL Louis
MICHEL Marie Félicie
REMY Louis
REMY Urbain
---
Victimes civiles
SABOTIER Yvan
SIMON André
THIERRY née PARTAGE Marie
TOMASI née PIERREVILLE Marie
VINCENT-VIRY Donat
VIRY Charles
GEORGE Guy Charles Albert
GEORGE Jacqueline Marie Marcelle
LEROY Nicolas Lucien
LEROY née MARTIN Marie Mathilde
---
Déportés
BOURGON Paul
CHAPELEAU Maurice
CHEVROTON André
DAVID Henri
DIDIER André
FRAISE André
HIRTZ née WEILL Renée
INGOLD Maurice
LALEVEE Jean
LÉVY André
LÉVY née LÉVY Simone
LÉVY Denise
LÉVY Jacques
LÉVY Raymond
PARIS Paul
BERTONI Salvino
---
Déportés
PIERRE Robert
REMY Charles
VINCENT Marcel
WEILL Henri
WEILL Julien
GEORGES Camille
-
Prisonniers
BARTHÉLEMY Paul
BASTIEN Maximilien
BOESPFLUG Roland
BONTEMPS Lucien
---
Prisonniers
CERÉSA Gérôme
GRAVIER Marcel
GRAVIER René
GRSJEAN André
LEJAL André Lucien
LESIRE Léon Armand
MÉLI Jean Robert
MICHEL Paul
PIERREL Maurice
RIVOT Gaston
TISSERANT Lucien
TISSERANT Paul
VALENTIN Jacques
ANTOINE Georges Louis Joseph
MARCHAL Gilbert Joseph
---
Maquisards
BALLAND Georges
CLAUDE Jean
DEMESY Charles
HOUOT André
PERNET Octave
PIERREL André
POTARD Gabriel
THIRIET Louis
VILLEMIN Maurice
WIEDERKEHR Madeleine
---
Militaires
BEDEL Gérard
CAPPELIER Célestin Jonathan
CLAUDEL Louis Marcel
CLAUDEL Roger
COLNEL Charles Émile
COMMARMOND Robert
DENY François
FLAGEOLLET Roger
GERARD Émile
HORTIER Richard Ernest
MARTIN Eugène Alphonse
MARTIN Paul
MARTIN Pierre Lucien
MOUGEL Germain Eugène
NICOLAZZI Raymond
---
PIAZZA Jean
REMY Robert
RITTER Henri J. Bte
TANCHOT Armand
THOMAS Maurice Joseph
THOMAS Michel
VALENTIN Robert
VOIGNIER Georges
WEBER Herman Adolphe
MARCHAL André Léon Félix
SIGMANN Joseph Jacques
THURIOT Fernand Raphaël


Indochine (46-54)
THIRIAT Paul Charles
GUILLEMIN Maurice
NOYRET Roger Charles
VOIRIN Jean Robert
AFN-Algérie (54-62)
POIROT Roger André
VILLAUME Gilbert
PIERREL René Marcel
-
VOIRIN Henri Jean René
MAIRE Daniel Roger
LAURENT Gérard Ernest
  • MARTIAL Armand Sculpteur sur le monument MARTIAL Armand Sculpteur a signé le monument
    Partie : Sculpture (signature)
  • PERONNE & RICHER J. Architecte sur le monument PERONNE & RICHER J. Architecte a signé le monument
    Partie : Monument (signature)
  • ÉTIENNE Isidore Société granitière sur le monument ÉTIENNE Isidore Société granitière a signé le monument
    Partie : Monument (signature)
Monument aux morts de la ville de Gérardmer
Monuments aux morts de la ville de Gérardmer
Vosges
Monument aux morts de la ville de Gérardmer
Localisation
du Maréchal Leclerc

Historique du monument

1927

Courriers divers

mardi 5 juillet 1927

Préfecture des Vosges
Monsieur le Maire

Monsieur MARTIAL, statuaire, Grand Prix de Rome, notre sociétaire, a bien reçu votre lettre du 30 juin dans laquelle vous lui indiquez que, par application de l'article 12 du règlement du jury, vous annulez purement et simplement la décision qui avait été classé premier le projet présenté au concours que vous organisiez.

Laissez-moi vous dire de suite que cette décision est irrégulière aussi bien dans la forme que dans le fond. Un Jury, librement désigné par vous, ayant en toute indépendance désigné comme premier le projet qui lui semblait le meilleur, il ne vous appartenait pas de faire démolir cette décision par un Jury restreint dont le fonctionnement n'était pas prévu ni par le règlement de votre concours, ni par le règlemeny intérieur du Jury.

En examinant les griefs que vous soulevez, on se rend compte qu'ils ne reposent sur aucune base et qu'ils paraissent surtout destinés à faire classer premier un concurrent auquel le Jury n'assigna que la seconde place.

Vous prétendez, en effet, que l'engagement signé par MM. MARTIAL, PÉRONNE et RICHER, comportait des restrictions manifestement contraires aux clauses du programme. Vous faites évidemment allusion aux abords du monument exclus dans le projet de nos Artistes de la somme forfaitaire de 150 000 francs, mais s'ils ont fait cettte réserve, c'est qu'elle leur a été indiquée par votre règlement.

À la page 3, paragraphe 4, il est, en effet, dit : "Un devis descriptif de la construction et une estimation de la dépense, qui ne devra pas dépasser une somme totale de 150 000 francs, exclusion étant faite des dépenses accessoires nécessaires pour éxécution des travaux de terrassement et de la maçonnerie, des fondations, d'aménagement des abords, des clôtures, des fournitures et pose des plaques, etc.

Il me semble que cette réserve de votre part est tout à fait nette. Pourquoi donc reprochez-vous à nos artistes de l'indiquer dans leur devis descriptif, alors surtout que ce devis descriptif, présenté comme pièce ouverte, aurait dû être examiné par tous les membres du Jury.

Vous faites, en outre, grief aux lauréats de celles de leurs réserves qui tendent à vous refuser une garantie quant à la non gélivité de la pierre choisie. Le mot tendent nous paraît une trouvaille car nous ne voyons apparaître ces tendances dans aucune pièce émanant de nos artistes, pas plus que nous ne trouvons une demande de garantie de votre part, à laquelle un refus aurait été opposé.

S'il y a eu des entorses au règlement, elles émanent de vous et de vous seul. Il était entendu qu'aussitôt le jugement rendu, une prime serait versée aux lauréats. Or, le jugement est du 18 juin et aujourd'hui, 5 jillet, MM. MARTIAL et ses collaborateurs n'ont encore rien reçu.

Il était également entendu que les matériaux employés devraient être le granit, le grès des Vosges ou la pierre d'Euville. Or,  en donnant mission à M. EXPERT, architecte, et Membre du Jury, d'aviser MM. MARTIAL, PÉRONNE et RICHER qu'ils étaient classés premiers, vous l'avez prié d'indiquer que ce classement n'était fait qu'à la condition qu'ils acceptent le grès de Saverne, ce qu'ils ont fait par télégramme en date du 18 juin, de même qu'ils ont accepté par lettre du 23 juin, et cela dans un but de conciliation, de prendre à leur charge ,les 4 perrons indiqués dans leur maquette.

Nous ne voyons donc pas ce que vous pouvez reprochez à nos artistes dont l'attitude a été, en tous points, correcte, loyale et conciliante ; aussi, nous vous avisons que notre Société ne les laissera pas impunément évincer au profit d'un concurrent qui a peut-être votre préférence mais qui n'a pas eu celle du Jury, seul juge dans la question

A. CHATAIGNEAU

Archives des Vosges

Courriers divers

mardi 19 juillet 1927

Le Sous-Préfet de St-Dié à Monsieur le Préfet des Vosges

Affaire MARTIAL ...

 

Archives des Vosges

Courriers divers

mercredi 20 juillet 1927

Préfecture des Vosges
Société des Artistes Français

À Monsieur le Préfet des Vosges

MM. PERONNE et RICHER, Architectes et M. MARTIAL, Statuaire, ont pris part au concours que la ville de Gérardmer avait organisé en vue de l'érection d'un monument aux Morts

Le jugement a été rendu le 18 juin et la ville de Gérardmer a chargé M. EXPERT, architecte, un des membres du Jury du concours, d'aviser officiellement MM. PERONNE, RICHER et MARTIAL qu'ils avaient été classés premiers et qu'ils auraient donc à exécuter le monument.

Nos artistes allaient donc se mettre au travail et comptaient recevoir la prime prévue au règlement, quand ils ont appris que, sous des motifs les plus futiles, la Ville de Gérardmer les avaiet évincés de leur place de premiers en faveur du concurrent que le Jury n'avait classé que second.

Par lettre du 5 juillet, dont vous trouverez copie incluse, notre Société a protesté contre cette façon d'agir vraiment désinvolte. Nous tenons à ce que vous soyez au courant de la situation telle qu'elle se présente, afin que vous puissiez prendre toutes les décisions en conséquence quand la ville de Gérardmer vous demandera d'approuver les crédits votés pour l'érection de son monument.

Nous ajoutons que si cette affaire ne recevait pas une solution amiable, conforme aux intérêts de nos artistes, nous la porterions devant le Conseil de Préfecture compétent.

Nous sommes tout à votre disposition pour vous fournir tous renseignements complémentaires dont vous pourriez avoir besoin et vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, ...

Le chef de bureau
A. CHATAIGNEAU

Archives des Vosges

Délibérations Conseil municipal

dimanche 24 juillet 1927

Le Maire donne connaissance au conseil municipal du procès-verbal de la réunion du Jury du COncours du Monument aux Morts rédigé le 18 juin dernier, duquel il résulte que le classement des projets présentés avait été fait comme suit :

  1. Premier prix "Gloire aux Morts Victorieux", ayant pour auteurs Messieurs Armand MARTIAL, sculpteur et MM. PÉRONNE et RICHER, architectes à Paris
  2. Deuxième prix : "Pax dans un Triangle" ayant pour auteur M. DESENCLOS, architecte à Épinal
  3. Troisième Prix : "La Croix Glorieuse", ayant pour auteurs MM. SPADACINI et RABAGLIATI architectes à Valencienens et M. PATRISSE, statuaire à Paris
  4. Quatrième prix : "Mémores ut sint Nepotes" ayant pour auteurs MM. DANGLA architecte à Épinal et BACHELET, sculpteur à Paris

Le Maire fait connapitre au conseil qu'une protestation d'un des concurrents lui est parvenu le 20 juin 1927 et que le 21 juin il a informé par lettre recommandée, les auteurs du projet classé premier que les réserves faites par eux concernant l'exclusion des quatre petits perrons ne pouvaient être acceptées et seraient soumises à l'examen des membres locaux du jury du concours. Il fait connaître également au conseil que pendant un délai de quainzaine prévu dans le règlement, il a été procédé à un examen sérieux des pièces produites par les concurrents classés et qu'il a éré relevé diverses réserves faites par MM. MARTIAL, PÉRONNE et RICHER, dont ci-après teneur :

....

Le COnseil approuve le déclassement du projet présenté par MMM. MARTIAL, PÉRONNE et RICHER ; décide que le projet classé deuxièle sera exécuté dès que la somme de 150000 francs qui doit être complétée par souscription des habitants sera réunie, et après que les tribunaux auront solutionné le litige résultant du déclassement du projet...

Archives des Vosges

Courriers divers

mardi 13 septembre 1927

Sous-Préfecture de St-Dié
Le Sous-Préfet à Monsieur le Préfet

J'ai l'honneur de vous retourner ci-joint la réclamation de MM. MARTIAL, PÉRONNE et RICHER contre la décision de déclassement de leur projet de Monument aux Morts par le Jury de Gérardmer.

J'ai prié le Maire de saisir le Conseil Municipal de cette affaire et je vous adresse ci-joint les délibérations motivées.

Je n'ai rien à ajouter aux conclusions de  mon rapport du 19 juillet dernier que je vous ai fait parvenir à l'occasion de la première plainte de M. MARTIAL et Consorts. Tout au plus pouvait-on reprocher au Jury de ne pas avoir examiné avec soin tous les dossiers et surtout les pièces ouvertes au moment où il a classé les maquettes. Il aurait ainsi pu déclasser le projet MAETIAL qui contenait des réserves contraires au règlement sans attendre le long délai de 15 jours pendant lequel les pétitionnaires ont cru que leur oeuvre avait le 1er prix sans contestation possible. Mais il faut bien reconnaître que si la décision prioritaire du Jury a été hative, sa décision de déclassement est régulière quoiqu'un peu sévère pour M. MARTIAL. L'article 12 du règlement prévoit que le Jury ne peut revenir sur une décision de classement que dans le cas où l'engagement d'exécuter l'ouvrage a forfait et dans le délai de un an n'est pas pris. Or cet engagement n'était pas pris par M. MARTIAL puisqu'il avait introduit des réserves dans son devis.

J'estime que l'administration Préfectorale n'a pas à intervenir dans cette affaire dontl'interprétation appartient aux juridictions ordinaires. Si M. MARTIAL se prétend lésé par la décision du jury de classement il lui appartient de faire valoir ses droits devant les Tribunaux compétents

Archives des Vosges

Minute

vendredi 16 septembre 1927

Cabinet du Préfet

Communication d'une réclamation présentée par M. Clément MARTIAL, sculpteur, demeurant à Paris 27 rue Orfila, contre la décision prise par le jury du concours pour l'érection du monument aux morts de Gérardmer

Archives des Vosges

1929

Courriers divers

mercredi 17 avril 1929

Le sous-préfet à Monsieur le Préfet des Vosges

J'ai l'honneur de vous retourner ci-joint le dossier de l'instance MARTIAL, PÉRONNE et RICHER contre la ville de Gérardmer, concernant l'érection du monument aux Morts, dossier que vous avez bien voulu me communique pour renseignements et avis.
Le Maire de Gérardmer ne m'a jamais entretenu de cette affaire que de façon officieuse et au moment où elle était déjà placée sur le terrain contentieux. Cette intervention avait d'ailleurs plutôt la forme d'un renseignement donné que d'un avis sollicité.

Voici les faits - Un projet d'érection du monument aux morts pour un prix forfaitaire de 150000 frs non compris les installations d'infrastructure qui restaient à la charge de la Ville fut mis au concours en 1927. Un jury, dans des conditions précisées dans un règlement, devait établir l'ordre préférentiel des projets. Il se réunit le 18 juin 1927 et classe 1er le projet MARTIAL, PÉRONNE et RICHER. Mais, par la suite, et je crois savoir que ce fut sur les instances des concurrents évincés, le Jury se réunit à nouveau le 30 juin et déclassa en faveur du second le projet MARTIAL classé 1er sous le prétexte que l'engagement pris ne pouvait être exécuté dans les conditions du forfait, qu'il laissait à la charge de la ville les frais d'installation des soubassements, et tous les risques. J'ai l'impression que si la ville n'aavit pas prononcé le déclassement du 1er projet, l'auteur du second aurait prétendu que les conditions du règlement n'avaient pas été respectées et aurait introduit l'instance davant le Conseil de Préfecture.

Le Jury a évidemment commis une faute grave. Il aurait du prendre une décision en toute connaissance de cause et n'admettre les concurrents qu'après examen sérieux de leur soumission et après s'être rendu compte qu'ils étaient bien dans les conditions du règlement. On aurait ainsi évité une deuxième décision et probablement l'instance contentieuse - mais, la faute ayant été commise, le Maire de Gérardmer n'avait plus qu'à laisser les juges compétents trancher le différend.

Ce différend est assez délicat. Il s'agit de savoir, en présence de deux décisions, quelle est celle qui a été prise régulièrement et annuler l'autre.
C'est une question d'interprétation juridique que tranchera le Conseil d'État.

PS. La Mairie de Gérardmer a produit à l'appui du recours toutes les pièces permettant l'instruction de l'affaire. Touttefois, des pièces me sont transmises ce jour et vous seront addrées dès réception, vraisemblablement demain jeudi 18 avril.

Archives des Vosges

Minute

vendredi 3 mai 1929

Le Préfet des Vosges
à Monsieur le Ministre de l'Intérieur

J'ai l'honneur de vous retourner ci-joint, accompagné des pièces nécessaires classées sous bordereau spécial, le dossier que vous m'avez communiqué du recours en Conseil d'État introduit par la Ville de Gérardmer contre l'arrêté du Conseil de Préfecture Interdépartemental de Nancy en date du 1er juin 1928, décidant que la Ville requérante est liée vis-à-vis des Sieurs Martial, Peronne et Richer pour l'érection d'un Monument.

J'ai l'honneur de vous faire connaître que l'on doit tout d'abord écarter la suspicion de mauvaise foi que semblent impliquer certains conséidérants de l'arrêté du Conseil de Préfecture. En l'occurence, le Maire s'est uniquement inspiré de ce qu'il croyait être l'intérêt de la commune et il n'apparaît pas qu'il ait méconnu, sinon la lettre, tout au moins l'esprit du règlement du concours.

Se trouvant, après le choix artistique du Jury, en présence de pièces et de devis ne répondant pas aux prescriptions du programme, il aurait pu, par une convocation régulière du Jury, écarter sans recours possible, le projet de MM. MARTIAL, PERONNE et RICHER, d'autant plus qu'en droit, - et la réclamation dont avait été saisi le Maire par M. DESENGLOS renforçait ce point de vu -, le Jury ne pouvait faire état, sans commettre un abus de pouvoir vis-à-vis des autres concurrents, que des engagements déposés avec des maquettes du monument.

Il s'agit, au fond, de l'appréciation de devis estimatifs et de règles commerciales qui relèvent plutôt d'une expertise d'hommes de l'art que de juges du droit et il paraît difficile de ne pas donner sur ce point raison à la ville de Gérardmer, d'autant plus que la question de la garantie de la pierre dans un pays e montagne est une condition, à mon avis, primordiale.

Si l'expertise prouve le bien fondé de la thèse de la ville sur les points en litige, il serait alors difficile d'arguer de la nullité de la décision du Jury, même rendue dans les conditions où elle l'a été, puisque la première décision pouvait elle-même, par ailleurs, être valablement attaquée, le classement du point de vue artistique d'un projet n'ayant, en droit, aucune valeur, si les conditions matéreilles exigées par le ahier des charges n'étaient pas remplies lors du classement. Dans cette hypothèse, le déclassement intervenu serait donc valable.

D'ailleurs, même si l'on ne recourt pas à une expertise et si l'on s'en tient auc clauses strictes du concours, il semble que la Ville ait agi dans la limites de ses droits. Ces clauses avaient pour but de sauvegarder d'une part les finances communales contre tous aléas, de l'autre, l'intégrité du monument en raison des rigueurs du climat. En n'apportant pas à la Ville des garanties indiscutables, les auteurs du projet ont manqués aux règles - acceptation sur les autres concurrents - qui leur étaient imposées et semblent fondés à invoquer une irrégularité de forme, couverte d'ailleurs par des décisions ultérieures, pour obtenir que soit imposée à la Ville, au mépris des clauses de garanties de concours, l'exécution de leur monument.

D'ailleurs, sur ce dernier point, il paraît difficile d'admettre que soit imposée par le Tribunal Adminsitratif à la Ville, l'obligation de traiter avec MM. MARTIAL, PERONNE et RICHER, pour l'exécution du projet, onobstant les augmentations de dépenses et les circonstances nouvelles.

Toute la question me paraît en somme, se résumer à savoir si l'absence des engagements formels exigés par la commune n'est pas chose plus grave qu'une irrégularité de procédure qui n'a eu ni pour intention ni pour résultat de modifier en elle-même la décision intervenue. Et si la Haute Assemblée s'est toujours préoccupée d'assurer au premier chef la sincérité des concours de cette nature, quelques complications administratives qui puissent en résulter, il n'a jamais été dans sa jurisprudence de ne faire jouer les garanties prévues qu'à l'encontre des communes.
Je ne puis donc que m'associer pleinement aux conclusions déposées par la commune de Gérardmer et à la position prise en cette affaire par la Municipalité, position très nettement résumée dans la lettre qdu Maire au sous-préfet de St-Dié que vous trouverez jointe au dossier.

Archives des Vosges

Dernière modification : samedi 22 février 2025

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