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- Conflits commémorés
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- Type de monument
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Il s'agit d'une statue dressée sur un piédestal d'une hauteur sensiblement égale. Un espace a été réservé sur la place pour le monument, délimité par une bordure de pierre formant trottoir, dont quatre cyprès occupent actuellement les angles. Deux mortiers encadrent le côté qui regarde sur la route.
La statue, supportée par un socle à deux gradins, est une composition allégorique : le traité de gré à gré lui donne pour titre et signification "La France Victorieuse". C'est une figure féminine d'une facture très classique, visiblement inspirée du type de l'Athéna Parthénos antique, dont elle porte le peplos à longs plis parallèles. Sa main droite enserre la garde d'une épée monumentale, la pointe dirigée vers le sol, sur laquelle elle s'appuie dans une attitude de fierté. Dans sa main gauche elle tient un globe surmonté d'une Victoire ailée de bronze brandissant au dessus de sa tête une palme. La "France victorieuse", au dessus d'un visage aux traits fortement idéalisés, est coiffée d'un casque "Adrian" couronné de lauriers ; ses épaules et la partie supérieure de son corps sont recouverts d'une capote de soldat dont les manches vides sont rejetées en arrière. L'ensemble est assez hiératique, avec un traitement des plis marqué par la symétrie.
Le piédestal mouluré va en se rétrécissant vers le haut : sur ses quatre faces il met en évidence, sous un larmier de protection, les plaques polygonales où figurent les inscriptions du monument. A sa base un cartouche avec feuilles de chêne et de laurier porte seulement les dates "1914-1918". Ce piédestal est lui-même posé sur une marche et une assise beaucoup plus large.
Il n'a pas été trouvé de photographies anciennes révélant un état ancien du monument, avec une grille par exemple, dont il n'y a pas de trace non plus dans les archives.
- Caractéristiques
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- Matériaux
- Le traité de gré à gré signé le 3 juillet 1920 (archives départementales de l'Indre 2O/189/7) précise que le monument sera en pierre de Lorraine et que la petite Victoire sera en bronze. Il ajoute que les "matériaux employés sont garantis contre la gelée".
- Prix
- 12 000 francs ?
- Souscription
- 3000 francs
- Sources : archives départementales de l'Indre 2O/189/7 et 827 W 55 pour la subvention de l'Etat. Le traité de gré à gré fait état d'un coût de 9 000 francs, mais n'inclut par certains frais annexes (voir délibération du CM du 27 mai 1920).
- Commentaires
- Le même traité parle de plaques en marbre blanc sur le monument. Il semble qu'à une date indéterminée elles aient été remplacées par les plaques en marmorite noire que l'on voit actuellement.
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Face principale :
La commune de St Denis de Jouhet à ses enfants morts pour la patrie et à ses héros triomphants
Faces latérales et arrière (en contournant le monument par la droite) :
liste des morts soit 34+33+34
Sur le socle (face latérale de droite) on peut encore lire « L. Maubert M. Robert st. »
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Au pied du monument et sur le devant une plaque inclinée porte l’inscription suivante en deux colonnes : RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ-ÉGALITÉ-FRATERNITÉ
LA COMMUNE DE
SAINT DENIS DE JOUHET
À SES ENFANTS
MORTS POUR LA FRANCE
1939-1945
1914-18
CHAMBRIER J.
DARCHIS J.
BOURY A.
GILET J.
LALEUF A.
HOUSEAU A.
ELLEVIN E.
CHOCAT J.
DELAVEAU C.
BRUNET A.
BONNIN J.
MERCIER G.
BONNIN F.
SARRAN J.
COQUELET E.
DAGOIS R.
DINDAULT A.
YVERNAULT P.
MOULIN J.
GOBIN J.
RICHARD P.
AUFRÈRE M.
MARÉCHAL J.
JARRY A.
ROUSSILLIAT C.
BASSINET F.
ELLEVIN E.
DARCHIS A.
PINOT L.
YVERNAUT A.
LANGLOIS J.
DESNOYERS C.
CHOCAT F.
PIROT L.
DARCHIS E.
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Plaque 2
NICOLAS J.
LORILLOUX J.
CHARBONNIER J.
CHABENAT C.
DARCHIS A.
AUFRÈRE H.
AGEORGES J.
BASSINET A.
DORANGEON A.
NICOLAS U.
DORANGEON C.
DARCHIS F.
ROBIN L.
BELARDAT H.
BONNIN A.
LANTY J.
JOLY C.
DESNOYERS E.
DOUARD E.
LABESSE E.
BONNIN L.
MOULIN F.
COQUELET A.
TIDIER B.
LECREUX G.
DECOGNÉ E.
MASSET H.
COQUELET S.
MAISONBLANCHE E.
NICOLAS J.
LABESSE J.
ROUSSILLAT A.
BOIFFART P.
DANGEON L.
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Plaque 3
CHAVENAUD E.
CHATIRON J.
TISSIER E.
PIGET J.
DEGAY A.
ACCOLAS R.
JUPILLAT C.
SAUTEREAU L.
BEGAT J.
MARÉCHAL P.
YVERNAULT L.
CHAMEAU L.
RAVEAU A.
PRIANT A.
PINOT R.
AUSSOURD V.
DECHATRETTE E.
AUBARD R.
DEVILLE M.
ROBERGE A.
PIGET A.
MOULIN T.
MERCIER E.
GASPARD A.
NICOLAS E.
JOUHANNEAU E.
DANGEON G.
AUFRÈRE P.
LABERGÈRE B.
COUTANT P.
YVERNAULT V.
COUTANT C.
VILLEBASSE E.
DUCOUDRET G.
1939-45
YVERNAULT C.
BONNIN L.
BONNIN R.
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BRUNET J.
TISSIER E.
BRAUD S.
RICHARD A.
Autres
LABLAUDE Camille
AFN-Algérie (54-62)
- MAUBERT Louis Sculpteur
- ROBERT Marc Sculpteur
- Coordonnées : 46.5309099, 1.869731
- Google Maps
- Apple Maps
- Localisation
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Sur la place principale du bourg, à proximité du carrefour des D 72 et D 19F.
L'église occupe la partie nord de cette place, à une vingtaine de mètres tout au plus ; la façade de la mairie est à l'ouest.
Historique du monument
Érection
jeudi 1 janvier 1920
Lucien Lacour
Marché de gré à gré
samedi 3 juillet 1920
Engagement de Maubert à terminer le monument pour le 15 septembre 1920
ADI 2O/189/7
Délibérations Conseil municipal
jeudi 27 mai 1920
Demande d'aide auprès de l'Etat.
ADI 2O/189/7
Délibérations Conseil municipal
jeudi 27 mai 1920
"Le Maire soumet au Conseil les devis et croquis d'un monument à élever sur la place publique de St Denis de Jouhet à la mémoire des enfants de la commune morts pour la France lesquels nécessiteront une dépense de 9000 francs, plus des frais d'édification et de transport à partager entre le fournisseur et la commune
Le Conseil
Considérant qu'il est juste de commémorer chez les générations futures le souvenir des habitants de la localité morts pour la France,
Que le projet de monument qui lui est soumis et dû au sculpteur Maubert, lui donne toute satisfaction, approuve le dit projet,
Décide d'inscrire au Budget additionnel de l'exercice courant la somme de 9000 francs qui, avec celle de 3000 francs donnée par de généreux souscripteurs, permettra de solder les dépenses de fourniture et d'édification sur la place publique du dit monument;
Le Conseil demande en outre, vu la spécialité des travaux, l'autorisation de traiter de gré à gré avec Monsieur Maubert, statuaire.
ADI 2O/189/7
Commission d’art
mercredi 28 juillet 1920
Accepté "malgré son caractère commercial"
20/189/7
Courriers divers
vendredi 1 octobre 1920
Décret du président de la République approuvant la délibération municipale du 27 mai 1920
ADI 2O/189/7
Paiements
dimanche 21 novembre 1920
Mandat de paiement définitif
ADI 2O/189/7
Inauguration
dimanche 5 juin 1921
Journal du département de l'Indre
Inauguration - Presse
lundi 13 juin 1921
Le dimanche 5 juin dernier, la commune de Saint-Denis-de-Jouhet rendait à ses enfants morts pour la patrie le suprême hommage dû à leurs vertus par la bénédiction et l’inauguration toit à la fois de ses plaques commémoratives placées dans l’église et d’un monument érigé par la commune sur la place publique, en souvenir de ses enfants tombés à l’ennemi et à l’honneur des vainqueurs revenus dans leurs foyers.
La fête était donc civile et religieuse.
Commençons par dire que tout s’est fort bien passé, aucune note discordante ; on n’a eu qu’à regretter une seule chose : l’absence forcée de M. Descout, maire, retenu par la maladie.
Accompagné de tout le Conseil municipal, M. Raveau, adjoint, voyait se joindre au cortège nombre de personnalités ayant répondu à son appel : MM. Fougère, député ; Fontaine, conseiller général ; Auclair, président du Conseil d’arrondissement, délégué de M. le Sous-Préfet ; Moreau, conseiller d’arrondissement, et de nombreux maires de communes environnantes, de Montchevrier, de Chassignoles, de la Buxerette, etc… etc…
Le cortège pénètre, à 1O h. ½, à l’Eglise, où l’attend déjà un nombreux clergé et une assistance telle qu’elle dépassait toute attente et toute prévision.
L’Eglise, comme la place, comme le monument, est magnifiquement ornée : des mains pieuses et reconnaissantes ont couvert le monument, les plaques commémoratives, le catafalque, de gerbes de fleurs, de couronnes, de guirlandes. La place elle-même et les alentours du monument sont gracieusement ornés de guirlandes et de feuillages grâce au concours du nouveau secrétaire de mairie, du garde champêtre et de quelques personnes dévouées.
Après l’installation, plutôt difficile en raison de l’affluence, du cortège officiel, l’office commence. Il est chanté par M. l’abbé Robin, de La Châtre ; l’harmonium est tenu par M. le curé de Méasmes, qu’assiste M. le curé de Chassignoles. Ces deux messieurs se font entendre tout à tour pendant l’office à l’issue duquel M. le chanoine Bournichon monte en chaire et là , dans un langage élevé, vibrant, glorifie nos vaillants morts. Quand il descend de chaire, M. l’abbé Ardoin, directeur de la « Croix de l’Indre », assisté d’une partie du clergé, accompagné de quatre porte-drapeaux qui, pendant l’office, se sont tenus drapeaux déployés, aux quatre angles du catafalque, se rend devant nos deux magnifiques plaques qui font l’admiration de tous et où sont inscrits les 106 noms de nos chers disparus.
M. Fougère, député, prend ensuite la parole. Il salue à son tour les morts de la commune de Saint-Denis-de-Jouhet qui, par leur sacrifice, nous ont sauvés et ont écarté de nous l’esclavage, la misère et la honte. Il évoque la journée du 2 août 1914, où les coups précipités du tocsin s’épandaient en nappes d’épouvante sur les campagnes ; il rappelle l’atroce déchirement de la séparation, l’angoisse qui étreignit pendant des mois et des années le cœur des mères et des épouses, les deuils qui s’abattirent sur chacune de nos maisons.
Pourquoi tout cela ! Pourquoi tant de sang répandu ? Pourquoi, pendant près de cinq ans, toutes les forces de progrès de la science et de la volonté de l’homme, ont-elles rivalisé pour des œuvres maudites de mort, de destruction et de ruine ?
A cette question ce sont nos morts qui ont répondu et M. Fougère nous demande d’entendre leurs voix. Ils sont tombés non seulement pour repousser l’envahisseur loin de la terre violée, mais aussi pour que soit détruite la force de haine et de mort qui les a immolés. Ils se sont battus pour que leurs enfants n’aient plus à se battre ; ils ont fait la guerre pour détruire la guerre. Voilà le testament qu’ils ont signé avec leur sang.
Nous devons être des exécuteurs fidèles de leurs dernières et suprêmes volontés.
Enfin, pour clore la cérémonie, les enfants des écoles se rangent devant le monument et là, sous la direction d’un maître habile, M. Desuert, car il faut de la patience et de la souplesse pour former ces jeunes voix un peu rebelles, font entendre la poésie de Victor Hugo : « Gloire à notre France éternelle », dont ils rendent parfaitement les nuances musicales.
Puis le cortège se disloque, chacun se retire content des hommages rendus à nos glorieux morts.
Un banquet, qui réunit avec le monde officiel une soixantaine de personnes, a eu lieu chez M. Chambrier.
A l’issue du banquet, M. Fougère, prononça un discours. Il remercia M. Raveau et le Conseil municipal de l’avoir invité à cette belle réunion ; il les félicita de l’avoir organisée avec tant de dévouement, de simplicité, de soins pieux et de succès.
Après avoir longuement évoqué les difficultés du moment et le travail qui s’impose, M. Fougère, très applaudi, termine son allocution en levant son verre au maire, au Conseil municipal et à toute la population de Saint-Denis-de-Jouhet, qu’il assure à nouveau de son indéfectible attachement et de son affectueux dévouement.
En somme, journée excellente, toute à la gloire de la commune de Saint-Denis-de-Jouhet qui a su éviter les distractions déplacées et la consacrer tout entière à la reconnaissance due à ceux dont elle se souviendra toujours.
Journal du département de l'Indre, 13-14 juin 1921
Dernière modification : samedi 17 janvier 2026