- 88800
- Conflits commémorés
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- Type de monument
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Statue de soldat sur socle
Mur avec listes de morts
Petite stèle aux combattants d'Afrique du Nord
- Caractéristiques
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- Matériaux
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Statue en metal
Pierres pour le socle et le mur
- Commentaires
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Des cartes postales anciennes montrent que ce monument n'est pas l'original. Ce dernier était constitué de la même statue.
Il est probable que l'actuel monument a été construit après 1945 suite à la destruction du premier lors de la guerre. La statue semble identique sur l'ancien et le nouveau sans que l'on puisse affirmer que c'est la même.
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VITTEL À SES ENFANTS MORTS POUR LA PATRIE
Sur une petite stèle :
AUX COMBATTANTS D'AFRIQUE DU NORD 1952-1962
1870-71
LASSAUSSE Émile
1914-18
ANDRE Louis
ANDRE Pierre
ANGELOT Charles
AUDINOT Georges
BASTIEN Camille Paul
BAZELAIRE Charles
BAZELAIRE Edmond
BAZELAIRE Marcel
BERGERET Henri
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BERTINOT Georges
BEVINDER Charles
BLANPIER Charles
BLANPIER Louis
BOULANGIE Gaston
BOURGAUT Élisée
BURTIN Jean
BURTIN Maurice
CHAMONT Charles
CLASQUIN Charles
CLEMENCIN Marcel
COLLOT Henri
COUTURIUEX Alexandre
COUTURIEUX Jean
COUTURIEUX Pierre
DABEL Charles
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DANY Joseph
BAUTRY Charles
DENAY Henri
DEPOIDS Lucien
DESSINGER Paul
D'HYEVRE Charles
DORGET Georges
DORIDAT Marcel
DRALET Eugène
DROUIN Jean
ESMEZ Frédéric
FAIVRE Charles
FORTIER Georges
GAJARDO Louis
GASQUARD Louis
GENY Georges
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GERARD Arthur
GIROLA André
GUYOT Léon
HATIER Paul
HOCQUELOUX Félix
HUOT Charles
HUOT Pierre
LAGARDE Léon
LAMONTAGNE René
LATTRAYE Maurice
LOISANT Joseph
LORRAIN Auguste
LOUIS Léon
MAIRE Albert
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MAROTEL Victor
MATHIEU Charles
MEUGNIOT Eugène
MEUGNIOT Charles
MEYER Louis
MILOT Pierre
MOLARD Charles
MOLARD Victor
MOREL Camille
MOREL Henri
MOYEN Henri
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MULLER Jean
OREAL Joseph
PAQUIS Georges
PERRUT Georges
PERRY Émile
PETITJEAN Georges
PIERNOT Georges
PIERRE Jules
RADIGON Marcel
REMIOT Louis
ROBERT Arthur
ROGER Simon
-
ROUSSELOT Gabriel
RUER Laurent
SELLIER Auguste
SIMER Marius
STIN Paul
THIAUCOURT André
THOMAS Augustin
THOMAS Étienne
THOMASSIN Albert
THOMASSIN Émile
USINIER Félix
VAUTARD Paul
USINIER Albert
VASTARD Pierre
VINCENT Paul
VIRIEUX Maurice
VISERY Eugène
VOIRIN Paul
VEGRE Eugène
1939-45
BASTIEN Noël
COELHO DE CARVALHO Manuel
COUSIN Marcel
COUTINOT André
COUTURIEUX Émile
DE LA MOTTE Jacques
DONATI Daniel
DROUX Pierre
DUCROT Jacques
DURAND André
FERRY Pierre
FOURQUIN Georges
LOUVIOT Henri
LUC Roger
MAIRE Jean-Paul
MAIRERICHARD Émile
MATHIOT Charles
PIERTOT Jean
RICHARD Jean
SOULIER Marcel
TACQUARD André
THOMAS Gérard
TRUTMANN Jean
MARBACH Jean-Marie
RIEPINE Fernand Louis
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Victimes Civiles
CANAYE Marie
FRISCH Paul
Indochine (46-54)
PETITJEAN Charles
TRIBOULT Raymond
CLAUDEL Henri
AFN-Algérie (54-62)
COUTURIEUX Paul
PERNEY Claude
THOUILLOT Jean-Marie
- FINOT Alfred Sculpteur
- Coordonnées : 48.1996568, 5.9504539
- Google Maps
- Apple Maps
- Localisation
- 31 rue Division Leclerc
Historique du monument
Presse
mercredi 7 janvier 1920
Pour nos glorieux morts
M. Jean ..., maire de Vittel, a convoqué à la mairie, dimanche dernier 4 janvier, à 3 heures de l'après-midi, les familles qui ont à déplorer la perte de quelqu'un des leurs pendant la grande guerre, a l'effet de constituer un comité de patronage pour l'érection d'un monument public qui perpétuera le souvenir des enfants de Vittel morts pour la Patrie.
Après quelques morts de M. le maire pour expliquer le but de la réunion, et après quelques échanges de vues, un comité de 20 membres, hommes et femmes, est formé, qui sera chargé de recueillir et centraliser les offrandes que leurs concitoyens voudront bien leur remettre.
Une somme est déjà en réserve, don de quelques généreux donateurs, mais elle est insuffisante, et comme Vittel veut très bien faire les choses et avoir un monument digne de ses 95 héros tombés au champ d'honneur, il faut des fonds plus importants
M. le Maire fait appel à la générosité de tous ses administrés ; le "sou" du pauvre sera reçu avec la même reconnaissance que l'offrande plus importante du riche ; tous les Vittellois auront à coeur de verser leur obole
Le monument, qui portera les noms des glorieux maryrs, sera érigé sur l'une des places de Vittel
Le Télégramme
Presse
vendredi 23 janvier 1920
Le Comité Vittellois pour l'érection du monument aux glorieux mots de la grande guerre, a l'honneur de prévenir les habitants de l'ouverture de la souscription. Il fait appel à la générosité de tous, et les prie de réserver le plus aimable accueil à ses membres qui se présenteront à domicile pour recevoir les offrandes. Il faut que le monument des poilus Vittellois soit digne de leur héroïsme.
Une conférence dans le même but sera donnée par le Comité, dans la grande salle de la mairie, dimanche prochain, 25 janvier, à 3 heures de l'après-midi
Le Télégramme
Presse
lundi 9 février 1920
Sosucription pour le monument aux morts de la guerre
(4e liste)
Le Télégramme
Presse
samedi 14 février 1920
Souscription pour le monument aux morts de la guerre
...
Total : 26 680 fr 85
Le Télégramme
Presse
dimanche 22 février 1920
Souscription pour le monuemnt aux morts de la guerre
8e liste
total de la 8e liste : 36 873 fr 55
Le Télégramme
Presse
samedi 28 février 1920
Pour le monument des soldats morts
La Société de musique La Source et les jeunes gens du patronnage Saint-Nicolas, organisent une soirée concert-cinéma, pour dimanche prochain, 29 février, à la salle St-Joseph, rue du Gravot, au profit de la souscription au monument des soldats morts.
Nous sommes heureux de donner ci-dessous le très intéressant programme de cette soirée qui s'annonce magnifique :
....
Le Télégramme
Presse
mardi 9 mars 1920
Pour le monument des Morts
Report de la 8e liste
Total de la 9e liste 37 883 fr 55
La souscription continue
Le Télégramme
Presse
vendredi 12 mars 1920
Bal des conscrits :
Le bal du 7 mars dernier, orgnaisé par les jeunes gens de la classe 20, a produit la somme de 53 fr 10. Cette somme a été remise au trésorier du comité du monument pour les enfants de Vittel tombés au Champ d'honneur
Concert de la Source :
D'autre part, le concert du 29 février dernier, donné par la Société de musique La Source et les jeunes gens du patronage, a produit la somme rondelette de 578 fr 40, qui a été également remise au trésorier du comité du monument
Le Télégramme
Quêtes/Dons/Tombola/Ventes diverses
mercredi 19 janvier 1921
Pour le monument
Une quête aux mariages Maucotel-Poirson et Poirson-Greiner du 23 décembre 1920 : 13 fr 25
Le Télégramme
Inauguration - Presse
lundi 18 septembre 1922
Inauguration du monument aux morts de Vittel le dimanche 17 septembre 1922.
Vittel à ses Enfants morts pour la Patrie
Telle est l'inscription qui flamboie en lettres d’or sur le piédestal de l’imposant monument élevé à la mémoire des enfants de Vittel tombés au champ d’honneur.
Vittel ! la magique cité vosgienne qui attire par ses charmes naturels les touristes français et étrangers. Vittel ! la station en vogue dont les eaux, deux fois bienfaisantes, rend la vigueur des jeunes années aux membres affaiblis par la maladie et par les ans ; Vittel a célébré, dimanche, au milieu d’un indescriptible élan d’enthousiasme, la grande journée du souvenir, de l’espérance et de la Victoire.
Malgré les incertitudes d’un ciel démonté ; malgré la course désordonnée de nuages menaçants, rasant les hautes toitures des grands hôtels, malgré les premiers frisions d’un hiver trop précoce ; les préparatifs de la fête d’inauguration s’étaient poursuivis sans relâche, sans hésitation.
Et ce fut heureux. Dimanche matin, en effet, sous un ciel d’azur, un clair soleil inondait de ses rayons les plus purs la jolie bourgade. Le voile tricolore qui cachait aux regards le symbolisme du monument frissonnait doucement sous la brise empourprée. La note claire des oriflammes et des guirlandes, sur la place de l’hôtel de ville, achevait le féerique décor qui devait abriter toute une population justement fière de l’hommage qu’elle voulait rendre aux quatre-vingt-dix-neuf héros dont elle allait magnifier le souvenir.
Trois grandes tribunes faisaient face à l’amphithéâtre. Au centre, la tribune officielle. À droite et à gauche, celles des parents des glorieux morts.
Dans les rues, une population nombreuse sans bruit, comme il convient à une cérémonie de ce genre. Du haut de la tour élancée et gracieuse du clocher, tombent les notes égrenées et argentines d’une triomphale volée.
LE SERVICE RELIGIEUX
Tandis que sur la place, se forme le cortège dans lequel on remarque MM. Bouloumié, maire de Vittel ; H. Florentin, adjoint ; Flayelle, Mathis et Kempf, députés ; la société de musique, la « Source » entonne un pas redoublé.
Les enfants des écoles, les fillettes en robes blanche ; les gymnastes de la Saint-Remi ; les pompiers précédent les autorités. Bientôt l’église est comble et de nombreux fidèles se voient obligés de rester sur le parvis.
M. l'abbé Collenat célébré le saint office au milieu du recueillement général. Après l’évangile, M. le curé Marchal monte en chaire.
Dans une allocution de haute envolée oratoire, le ministre de Dieu rappelle le souvenir des morts. Il parle de leur foi dans la Victoire. Il parle aussi de leur foi dans une vie immortelle. S’adressant aux parents de ces glorieux disparus, l’orateur dit que l’oubli ne doit jamais effleurer les cœurs de ceux qui ont survécu à la grande tourmente. Et c’est dans la foi religieuse, dans l’espérance d’une immortalité glorieuse, que viendront, au pied de l’autel, se retremper les énergies et les cœurs.
À l’issue de la messe, M. le curé donne l’absoute, puis le cortège se disloque en attendant la deuxième partie de cette belle cérémonie.
AU MONUMENT
Peu après l’office religieux, les autorités arrivent et se joignent à M. le Maire et aux parlementaires arrivés dès la première heure.
Pendant ce temps, les tribunes réservées aux familles des disparus se garnissent de parents, de frères, de sœurs, d’épouses en deuil.
Derrière le monument, la foule s’amasse en un épais cordon. Tout Vittel est là, les yeux fixés sur le voile tricolore qui, tout à l'heure, aux applaudissements de la foule, laissera apparaître le sublime emblème destiné à immortaliser la mémoire des héros de la grande guerre.
Anticipons un peu sur cette minute émouvante et soulevons ce voile.
L’œuvre est belle, imposante, significative. Un piédestal de granit non poli, étendant ses bases sur un parterre fleuri de forme octogonale, laisse deviner l’inscription : Vittel à ses enfants morts pour la patrie.
Sur les faces de la stèle, les noms des quatre-vingt-dix-neuf héros. Au soubassement, des couronnes de chêne et d’olivier en bronze.
Le haut de la stèle est taillé à brut. Un poilu de bronze, en garde à la baïonnette, semble attendre une attaque annoncée et prêt à gravir le roc sauvage des montagnes vosgiennes.
Cette œuvre est due à la conception d'un artiste de talent, M. César, architecte. Elle fut exécutée magistralement par MM. Finot Étienne et Chevalier. À tous ces artistes vont les félicitations unanimes et méritées de la foule.
LA CÉRÉMONIE PATRIOTIQUE
À 10 heures 1/2, le cortège officiel quitte la mairie, conduit par M. Bouloumié. La société « La Source » et la « Saint Remy » se sont rangées de chaque côté de la tribune officielle. Face à celle-ci, trois petites filles se tiennent, debout, dans une pose émouvante. Au centre, la plus grande, tient entre ses mains le drapeau tricolore : elle représente la France. À ses côtés, en costume national, l’Alsace et la Lorraine.
À la tribune prennent place, M. Magre, préfet des Vosges ; MM. Bouloumié, maire de Vittel ; Flayelle, E. Mathis, Kempf et Verlot, députés ; M. Porterat, conseiller général ; Pierre Bouloumié, président du conseil d’administration des Eaux de Vittel ; Moitessier, sous-directeur ; Folacci, sous-préfet de Mirecourt ; H. Florentin, adjoint au maire ; Gérard, président de l’A. M. C. ; M. Petitjean, président du comité d’organisation ; le conseil municipal, etc.
M. Petitjean, président du comité d’organisation, prend le premier la parole.
DISCOURS DE M. PETITJEAN
Monsieur le Préfet,
Mesdames, Messieurs,
Notre tâche est terminée. Avant de faire la remise de ce monument, je crois de mon devoir de remercier, au nom du comité que j’ai l’honneur de présider, tous ceux qui ont contribué par leur obole ou par leur collaboration, à l’exécution du monument aux enfants de Vittel morts pour la France.
Je remercie tous les souscripteurs dont la générosité nous a permis de recueillir les fonds nécessaires à l’exécution de cette belle œuvre, je remercie tout particulièrement le conseil municipal de Vittel qui a voulu que nos braves soient honorés dignement.
Je dois aussi, non seulement remercier, mais féliciter M. César, architecte, ainsi que ses collaborateurs, MM. Finot, sculpteur et Étienne Chevallier, grâce au talent desquels nous pouvons aujourd’hui remettre à notre ville un monument digne d’elle, le monument de ceux dont on va devant vous appeler une fois encore les noms glorieux.
Ouvrez le ban !
***
M. Moitessier fait l’appel des héros tombés au champ d’honneur.
La foule, debout, écoute religieusement.
***
Adam Raoul. André Louis. André Pierre. Angelot Charles. Audinot Georges. Bastien Camille. Bastien Paul. Bazelaire Charles. Bazelaire Edmond. Bazelaire Marcel. Bergeret Henri. Berlinot Georges. Bevinger Charles. Blampied Charles. Blampied Louis. Boulangie Gaston. Bourgaut Elisée. Burtin Jean. Burtin Maurice. Chamont Chartes. Clasquin Charles • Clemencin Marcel. Collot Henri. Couturieux Albert. Couturieux Jean. Couturieux Pierre. Dabel Charles. Dany Joseph. Dautrey Charles. Demay Henri. Depoids Lucien. Dessinger Paul. D’Hyèvre Charles. Dorget Georges. Doridat Marcel. Dralet Eugène. Drouin Jean. Esmez Frédéric. Faivre Charles. Forter Georges. Gajardo Louis. Gasquard Henri. Geny Georges. Gérard Arthur. Girola André. Guyot Léon. Hatier Paul. Hocqueloux Félix. Huot Charles. Huot Pierre. Lagarde Léon. Lamontagne René. Lattraye Maurice. Loisant Joseph. Lorrain Auguste. Louis Léon. Maire Albert. Marotel Victor. Mathieu Charles. Meugniot Charles. Meugniot Eugène. Meyer Louis. Milot Pierre. Molard Charles. Molard Victor. Morel Camille. Morel Henri. Moyen Henri. Muller Jean. Oréal Joseph. Paquis Georges. Perrut Georges. Perry Émile. Petitjean Georges. Piernot Georges. Pierre Jules. Radigon Marcel. Remiot Louis, Robert Arthur. Roger Simon. Rousselot Gabriel, Ruer Laurent. Sellier Auguste. Simer Marius. Stin Paul. Thiaucourt André. Thomas Augustin. Thomas Étienne. Thomassin Albert. Thomassin Emmanuel. Usinier Albert. Usinier Félix. Vautard Paul. Vautard Pierre. Vincent Paul. Vineux Maurice, Visery Eugène. Voirin Paul. Yègre Eugène.
M. Petitjean continue :
Au nom du Comité du monument, au nom des familles de ceux dont le nom est pour toujours gravé dans nos cœurs, comme il l’est dans ce granit, j’ai l’honneur de remettre à la ville de Vittel, en la personne de son Maire et de confier à la piété de notre patriotique population, le monument élevé aux enfants de Vittel morts pour la France.
Les cérémonies comme celles à laquelle nous assistons en ce moment, sont pour beaucoup d’entre nous bien douloureuses, mais elles sont nécessaires, non pas pour ceux qui sont morts, car leur gloire n’a pas besoin d’elles pour être immortelle, mais pour nous-mêmes.
Le culte dont nous entourons ceux qui sont tombés pour nous, prépare et féconde l’avenir ; ce sont les monuments que nous élevons à leur mémoire qui apprendront à nos enfants ce que l’on doit à la Patrie et l’étendue des sacrifices qu’il faut être prêts à subir pour elle ; ce sont ces touchantes cérémonies autour des monuments du souvenir où l’on y trouve le stimulant, le souffle sacré qui font qu’à toutes les époques de sa glorieuse histoire la France a vu ses fils oubliant en face du danger commun les querelles et les divisions, s’unir pour la défense du sol national et la sauvegarde du patrimoine moral reçu de leurs aïeux.
Dans les temps anciens, l’armée ne quittait pas le théâtre du combat sans élever un monument à ceux qui avaient succombé ; sitôt les morts ensevelis, les soldats valides entassaient de grosses pierres en un monceau qu’ils recouvraient d’armes, de casques et de cuirasses et cela à tous les héros de la bataille, vainqueurs ou vaincus. C’est un peu ce que nous avons fait il y a 50 ans où nous élevions des monuments à nos héros de 70, à nos francs-tireurs, à nos gardes nationaux, aux cuirassiers de Reischoffen, enfin à ceux-là qui communiant dans une même foi patriotique se dressèrent magnifiques et s’opposèrent souvent un contre 10 à l’ennemi triomphant ; ils savaient que leurs efforts étaient d’une folle audace et que le nombre aurait raison de leur vaillance, mais ils voulurent cette héroïque folie et se sacrifièrent martyrs conscients à l’idée noble et sainte de la Patrie, c’étaient pourtant des vaincus ceux que nous honorions alors, mais nous leur étions quand même reconnaissants de ne pas avoir désespéré et d’avoir sauvé l’honneur du drapeau et pour nous réchauffer à ce foyer de gloire, nous inscrivions sur les monuments et nous répétions pendant 50 années : Gloire aux Vaincus, pour nous tromper nous-mêmes et demander au souvenir de leur sacrifice l’atténuation de nos douleurs et le réveil de nos espérances.
L’envahisseur de 1914 a trouvé devant lui les fils de 70, et les fils n’avaient pas dégénéré, la semence d’héroïsme était centuplée en de nombreux épis. Hélas que de deuils, aussi si c’est avec tristesse, c’est aussi avec une légitime fierté que nous plaçons sur leurs noms une branche de laurier et nous pouvons inscrire la devise qui cette fois ne sera pas menteuse « Gloria Victoribus ». « Gloire aux Vainqueurs».
Ce monument sera le symbole de cette gloire, mais il rappellera aussi hélas à nos descendants les sacrifices sanglants qu’est obligée de faire une nation lorsqu'elle néglige de veiller sur cos frontières. Ne nous faisons pas trop d’illusion, il nous sera bien difficile de maintenir toujours nos sentiments patriotique à la bailleur où ils sont aujourd’hui ; comme toutes les nations la nôtre a connu des heures de défaillance et elle pourra en connaître d’autres dans l’avenir ; dans ces moments d’oubli, nos descendants n’auront qu'à venir devant nos monuments retremper leurs âmes au souvenir de nos héros, aussi je me suis souvent dit et pourquoi les pleurer, ils sont plus vivants que nous car il y a longtemps que nous serons tous oubliés, qu’ils seront toujours là, protecteurs de la Patrie.
Que ce monument ne soit pas seulement un symbole de gloire, mais je souhaite qu’il nous rappelle à cette union qu'ils ont si bien pratiquée dans les tranchées, à cette union qu’il nous faut encore longtemps si nous voulons sortir la France de ses ruines, si nous voulons refaire notre France digne de nos morts.
Ah ! c est qu’a nos morts, nous devons autre chose que des monuments et des larmes, nous leurs devons de ne pas nous confiner dans le souci mesquin de nos intérêts matériels, nous leurs devons au contraire de nous faire les serviteurs des idées dont était pétri leur héroïsme qui les ont conduits jusqu’au sacrifice suprême. Si nos héros sont morts ce n’est pas pour qu’au lendemain de la victoire, les survivants n’aient en vue que la satisfaction de leurs appétits et ne poursuivent que leur enrichissement pour se procurer des jouissances ; s’ils sont morts, c’est pour que la France soit plus grande et plus belle et le monde toujours meilleur. S’ils sont morts, c'est pour que la République Française tienne toujours en mains le flambeau étincelant, guide de l’humanité vers l’idéal, vers le progrès et la liberté.
Après ce beau discours, les enfants des écoles, sous la savante baguette de M. l’instituteur Thouvenin, exécutent un chœur remarquable et applaudi. M. Bouloumié prend ensuite la parole.
DISCOURS DE M. JEAN BOULOUMIE
Maire de Vittel
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Membres du Comité,
« Au nom de la Ville de Vittel, je reçois de vos mains le Monument élevé par vos soins pieux à la mémoire de nos concitoyens morts pour la Patrie.
« Vous avez voulu que l’effigie destinée à rappeler aux générations futures le sanglant sacrifice de ces morts, fût celle de cet humble et sublime combattant, de ce soldat dont l’abnégation, l’énergie, la patience, la faculté de souffrir, dépassent de cent coudées les plus fameux exploits des paladins antiques, de cet être prodigieux, de ce héros, de ce martyr, le Poilu. Votre cœur vous inspirait; mais quelle lourde charge, quelle grave responsabilité vous infligiez aux artistes chargés d’exécuter votre volonté ; et combien de déplorables exemples pouvaient inspirer la crainte que l'effigie rêvée par vous ne fût une insuffisante réalisation du modèle surhumain qu’elle était appelée à représenter.
« Et pourtant vous avez eu raison.
« Vous avez eu raison parce que vous avez eu l’heureuse fortune de fixer votre choix, sur des artistes éminents et consciencieux auxquels je suis heureux d’apporter publiquement l’hommage de l’admiration et de la reconnaissance de mes concitoyens, M. César, architecte et M. Finot, statuaire qui, avec le dévoué concours de MM. Étienne et Chevallier, ont su réaliser une véritable œuvre d’art digne de Vittel, digne de nos Morts.
« Oui, ce Poilu, c’est bien le soldat de la Grande Guerre, fatigué mais non lassé par des mois, des années d’une existence surhumaine, d’une lutte titanesque où le danger Le guettait de toutes parts, sous terre, sur terre et dans les airs ; c’est bien lui dont le masque tragique, aux mâchoires serrées, à l’œil dur, lance à l’ennemi héréditaire le défi si farouchement tenu : « Tu ne passeras pas. »
« Vous avez voulu que ce beau monument fût construit de matériaux impérissables.
« Puissent le pieux souvenir, le respect et la reconnaissance des générations futures demeurer fidèles à la mémoire de nos morts aussi longtemps que résisteront aux injures du temps ce bronze et ce granit. »
Monsieur le Préfet,
Mesdames,Messieurs,
« La gloire de nos morts, la sublimité de leur sacrifice, le calvaire qu’ils ont gravi avant que leur sang vint abreuver cette terre désormais deux fois sacrée, tout cela confond l’esprit, défie l’hyperbole et arrête la louange sur les lèvres de ceux qui, témoins de tant d’héroïsme, sentent la vanité des mots et l'inanité des images qui prétendaient à le célébrer.
« C'est qu’il n’est pas d’exemple dans l’histoire, d’un aussi effroyable holocauste volontairement consenti par ses propres victimes.
« J’en appelle à vous tous, combattants qui m’écoutez, à vous surtout, héroïques blessés, mutilés qui avez payé de votre chair et de votre sang le salut de la Patrie, aurait-il pu se trouver au monde une force assez formidable, une puissance assez tyrannique pour mener malgré eux à cette hécatombe et y maintenir pendant 52 mois des Français non convaincus de la justice de leur cause, incertains s’ils ne combattaient pas pour d’autres desseins que la défense de leurs foyers, de leur Patrie et d'un régime de liberté dont, quoiqu'on en ait pu dire, ces heures tragiques ont prouvé par quelles profondes racines il s’était implanté dans nos cœurs.
« Ce sacrifice volontaire nous crée d’autres devoirs que la louange et que l’apothéose.
« Ces familles en deuil, ces parents au cœur à jamais meurtri, ces veuves, ces orphelins unissent leurs voix à la voix d’outre tombe des héros qu'ils pleurent pour nous dire, pour crier à ceux qui régissent les destinées de la France : faites que nos morts ne soient pas morts en vain.
« Car ce serait une monstrueuse iniquité, un sanglant défi aux sentiments de la justice si profondément ancré au cœur du peuple français, que tant de sang et tant de larmes aient coulé pour que demain soit semblable à hier et que le sol de la France, une fois lavé de la souillure de l’envahisseur, le sacrifice de quinze cent mille Français constitue simplement un tragique, un lamentable épisode de notre histoire nationale.
« S’il pouvait, en être ainsi, nos morts seraient morts en vain.
« Si la menace de l’invasion si longtemps suspendue sur nos têtes n’était à jamais écartée, si quatre- ans et demi de souffrance, de massacre et de dévastation avaient pour résultat le plus tangible la ruine du pays au profit de l’étranger enrichi par l’or ramassé dans le sang français; s’il était mésusé de ce qui reste de la fortune de la France, de ces ressources sacrées dont dépend la reconstitution de nos villes, de nos villages, de nos campagnes dévastées, si notre démocratie devait subir la loi de cette ploutocratie internationale éclose de la catastrophe mondiale et s’élevant de la ruine publique comme un insolent défi au travail et à la probité, si les Français ne comprenaient pas que le temps est passé des vaines querelles politiques, que tout ce qui les divise affaiblit la Patrie, et que leur union seule peut la sauver, alors, oui, nos morts seraient morts en vain.
« La République, et ce sera sa gloire, a su réaliser l’union de tous ses enfants face à l'envahisseur.
« Une tâche aussi vaste, aussi féconde, aussi nécessaire, lui reste à accomplir .
« Puisque cette guerre, décevant à la fois l’odieux calcul des misérables qui l’ont déchaînée et les légitimes espoirs des victimes de l’agression, n’a pas été une conclusion, mais un commencement, Le commencement d’une ère confuse et tragique où dans la mêlée des appétits et des violences, s’élabore un monde nouveau, que tous les Français méditent et comprennent la grande leçon que leur ont donnée nos morts.
« Que ceux à qui incombe, en ces heures décisives, le salut de la Patrie, que nos élus et que nos chefs s’inspirent du sublime exemple de ces humbles et modestes héros, qu’ils sachent répondre au vœu d’une grande nation, d’un peuple libre et fier, mais épris d’autorité, d’ordre et de justice ; qu’ils soient nos guides dans la pratique des vertus civiques, le mépris de l’intérêt personnel et de l’égoïsme, le dédain de l’intrigue et de la parole stérile et surtout la volonté de l’action, et s’il le faut, du sacrifice.
« Et nous tous, donnons sans compter notre pensée, notre temps, nos forces à celle, pour qui quinze cent mille des nôtres ont donné leur sang : La Franco !
Une surprise nous est alors réservée. Un des plus éminents artistes du théâtre de Vittel, M. Montlouis, déclame avec un réalisme saisissant, un poème intitulé : « la Victoire ». La foule est visiblement émue.
DISCOURS DE M. GÉRARD
Le Président de la section de Vittel apporte l’hommage ému des Anciens Combattants aux héros de la Grande Guerre. Nul plus que nous, dit-il avec raison, ne peut comprendre combien fut douloureux leur sacrifice. Ils furent dos héros obscurs, tombés, humblement, n’ayant pour les maintenir jusqu’à la mort que la volonté dans le devoir à accomplir. Leur exemple doit nous dicter notre conduite.
ÀA jamais, dit en terminant le Président des Anciens Combattants, nous entretiendrons dans nos cœurs le culte de votre mémoire avec une piété infinie.
DISCOURS DE M. KEMPF
« Votre monument, dit M. Kempf, au pied duquel se groupent ces trois jeunes filles, symbolise aussi la France qui ramène dans notre grande famille l’Alsace et la Lorraine si longtemps opprimées sous le joug allemand. C’est déjà un bénéfice tangible de notre Victoire acquise au prix de tant de sacrifices. Mais si vous levez les yeux vers ce monument, vous sentirez toute la grandeur et toute l’étendue de ce sacrifice lorsque nous fûmes attaqués lâchement, parce que nous fûmes attaqués confiants dans notre désir de paix, par une nation plus nombreuse, mieux armée et pour qui tous les moyens étaient bons.
« La France tout entière a dû se lever pour faire bloc contre l’envahisseur. Si nous voulions vivre, il fallait vaincre à tout prix. Qu’importent, alors, les privations, les souffrances et les deuils de la population civile ! Qu’importent la boue, la faim, le vent, le froid pour nos poilus qui sont, dans les tranchées : toujours dans l’angoisse parce qu’ils frôlent constamment la mort dans tous les coins du champ de bataille. Qu’importe aussi le sang répandu par les mutilés d’aujourd’hui qui portent encore, visibles pour toute leur vie, les blessures reçues sur le champ de bataille !
« Qu’importe, même, le sacrifice suprême demandé, à tous ceux qui sont tombés pour ne plus jamais se relever.
« Pour vivre, il faut vaincre à tout prix, et ce monument n'est pas seulement un monument de deuil ; il rappellera toujours une des plus belles pages de l’histoire de France : page d'héroïsme, de patriotisme et de courage. Il rappellera aussi que quinze cent mille des meilleurs enfants de la France sont tombés sur ce sol, ayant, comme dernière pensée, celle des êtres chers qu’ils laissaient sur la terre ; mais ayant tous un seul et même cris : « Qu’importe que je meure, mais Vive la France ! »
DISCOURS DE M. E. MATHIS
La ville de Vittel, comme la plupart de nos communes de France, a voulu honorer ses Enfants morts pour la Patrie. Mais pour notre ville, dont je suis, en voisin et en ami, la transformation merveilleuse et à laquelle chaque année, sous peine de déchéance, doit apporter des améliorations et des embellissements, il fallait un monument digne vos héros, digne de notre cité.
Votre comité a su le choisir et lui donner le caractère qui convenait à nos patriotiques populations. Les marches de Lorraine ont toujours été la sentinelle avancée de la France: lorsqu’elles n’étaient pas le théâtre de luttes acharnées, elles étaient traversées par les armées qui allaient à la bataille. Aussi ce fier soldat, dont les traits portent déjà l'empreinte de l’expérience de la vie, représente-t-il bien, dans son altitude de résistance, l’esprit des Français qui n’ont jamais désiré la guerre, qui ont tout fait pour l’éviter, mais qui, cependant, étaient disposées à se défendre et à tout sacrifier pour repousser le plus odieux et la plus brutale des agressions. Il personnifie donc bien ceux dont, le nom est inscrit sur celle pierre. Tous, en effet, au jour où sonna le tocsin dans nos campagnes, s'étaient levés pour répondre à l’appel de la Patrie ; ils avaient abandonné le tranquille foyer, où la plupart passaient une vie calme et paisible ; ils avaient laissé les êtres si chers qu’ils ne reverraient peut- être plus et ils étaient partis sans connaître, sans même pouvoir se représenter par la pensée les terribles événements dont, ils allaient être les héros et les victimes.
Quelles admirables leçons de courage, ils devaient nous donner ! Quelle patience, quelle endurance, stoïque ils allaient montrer pendant ces quatre années terribles, au cours desquelles ils eurent à supporter des fatigues et des souffrances qui surpassaient ce que nous aurions pu imaginer,
C’est donc leur gloire et aussi le souvenir de la vie si pénible qui pour beaucoup, a précédé le sacrifice suprême, que vous avez voulu perpétuer, par ce monument. Il attestera votre sentiment de reconnaissance envers ceux qui ont préservé notre région de la souillure et du joug de l'envahisseur. Il sera pour vos enfante une grande leçon d'amour de la Patrie, d’abnégation et de devoir que leurs maîtres auront soin de graver à jamais dans leur cœur.
Ces sentiments, que vous partagez tous, vous ont réunis aujourd'hui dans cette belle cérémonie. Vous avez voulu, par votre présence, honorer ces morts glorieux que vous avez connus, que vous avez aimés, comme bons citoyens : mais vous avez eu aussi à cœur, comme nous savons toujours le faire dans nos Vosges, de venir montrer à leurs parents toute la part que vous prenez à leur deuil, toute la fierté que vous inspire la vaillance de ceux qui sous tombés, toute la reconnaissance que méritent ceux qui ont sauvé la Patrie.
Tous nous saurons profiter des enseignements que nous avons tirés de la guerre. Dès l’appel du pays, les Français ont oublié toutes les querelles qui les divisaient depuis de longues années et qui avaient permis à nos ennemis d'espérer, une facile victoire. Ils ont donné cet admirable exemple d union sur le front et à l’arrière, qui a étonné les peuples amis eux-mêmes et nous a grandi dans l’estime de toutes les nations. Ils ont prouvé par là, à nos alliés, que cette union pleine et entière entre tous était nécessaire pour obtenir la victoire, et depuis nous devons constater chaque jour qu’elle est nécessaire pour maintenir la paix.
Restons donc unis pour bien affirmer notre volonté de profiter d’une victoire si chèrement acquise et nous prouverons ainsi, encore une fois, que la grande, l’unique pensée qui doit être la préoccupation de tous dans les heures difficiles que nous vivons aujourd'hui, c’est d’assurer l'indépendance et la liberté des peuples par une paix durable. En y travaillant pour notre part, nous serons certains d’écouter les dernières volontés de nos héros qui ont donné leur vie pour sauver leur Patrie et lui permettre de remplir ses glorieuses destinées.
DISCOURS DE M. VERLOT
M. Verlot apporte un hommage de respect et un tribut de reconnaissance aux héros de Vittel. Il s’incline devant toutes les familles en deuil.
Rappelant les souffrances physiques et morales endurées par les poilus de la grande guerre, il dit que jamais nous ne saurons assez mesurer la grandeur de leur héroïque sacrifice. Entendons une fois de plus leurs voix, s’écrie-t-il ! Profitons de la grande leçon qu’ils nous ont donnée : Souvenir, vigilance, union et confiance ; voilà ce que nous enseignent ces voix. L'orateur développe chacun de ces enseignements, il réclame l’union de tous les Français et termine en exprimant la confiance du pays en M. Raymond Poincaré.
DISCOURS DE M. FLAYELLE
Vittel, dit M. Flayelle, célèbre, aujourd’hui, la magnifique fête de la reconnaissance en inaugurant ce monument digne de la commune qui a voulu glorifier la mémoire de ses glorieux morts.
Ce monument s’élève, simple et fort sobre et puissant. Sur ce granit, comme « sur bre » (partie coupée) de l’Hartmannvillerskopf, se dresse un soldat, image indestructible de tous ceux qui sont morts pour la Patrie.
Quelle éloquence peut surpasser celle de ces quatre mots : Morts pour la Patrie ?
Il semble presque sacrilège de vouloir les commenter. Et, pourtant, nous éprouverons le besoin de le faire pour la glorification des morts et la consolation des vivants. Devant ceux-ci je m’incline de toute l'émotion de mon cœur. Je m’incline, car, eux aussi, sont de grands mutilés de la guerre et qui demeurent au premier rang des sacrifiés.
Je leur dis : séchez vos larmes ; faites votre sacrifice comme ceux que vous avez perdus ont fait le leur.
Écoutez cet hymne de reconnaissance qui monte, en ce jour, vers ceux que vous pleurez ; notre cri d’espérance et de confiance dans l’immortalité chrétienne et l’éternel repos.
Ce moment attestera que le souvenir de ceux qui ont donné leur vie ne passe pas !
M. Flayelle remercie et félicite M. Bouloumié d’avoir uni, dans une même pensée, les noms des morts vaincus de 1870 au nom des morts vainqueurs de 1914. Tous, dit-il, sont à jamais présents ici ; ils ont vaincu l’oubli.
L’orateur parle ensuite du grands devoir qui se dégage de cette cérémonie et dont il voudrait voir tous les cœurs pénétrés. Et il parle de cette belle fraternité française dont les héros de la guerre furent les créateurs.
Union qui consolidera la victoire, mettra fin aux querelles et empêchera le retour à ces mauvais jours où les Français ne se connaissaient pas et croyaient ne pas s’aimer.
Cette cérémonie, dit-il en terminant, est un acte de toi dans les destinées de notre Patrie ; elle contient un serment de fidélité que nous faisons à nos morts.
Ce soldat que vous admirez sur ce monument, nous commande l’action ; debout, pour que la paix soit une paix stable, la paix stable et bienfaisante qu’il a conquise. Nous la leur assurerons, cette paix, à nos héros, et ce seront nos volontés qui, à jamais, honoreront leur mémoire.
***
Après le discours de M. Flayelle, l’excellente musique « La Source », se mettant à l’unisson de nos cœurs, exécute « le Rêve ».
DISCOURS DE M. MAGRE
M. Magre remercie le maire de Vittel, M. Bouloumié, de l’avoir invité à cette belle cérémonie. En termes délicats et poétiques il parle de la jolie bourgade offrant à ses hôtes une hospitalité de grande dame, ne voulant rien épargner lorsqu’il s’agit de justifier son renom de luxe et de splendeur.
Il retrace les premiers jours de la mobilisation, rappelle les ardeurs patriotiques de ces jeunes gens partant la gloire dans le cœur et une fleur au bout du fusil.
La victoire, dit-il, illumina pour jamais leurs yeux. Aujourd’hui, leur souvenir habite sur terre ; il erre dans les plis frissonnants du drapeau ; il repétrit nos âmes.
C’est vous, ô Morts, qui gouvernez les vivants. Nous écoutons vos voix. Comme le « poilu » de ce monument, nous demeurerons immobiles, mais prêts, pourtant, à marcher à l’avant s’il était nécessaire.
***
La cérémonie se termine sur ces dernières paroles du préfet des Vosges.
La musique exécute la Marseillaise, puis lentement, la foule se disperse tandis que des fleurs encore viennent s’ajouter à celles déjà si nombreuses et si belles qui ornent le parterre du monument.
Au cours de cette cérémonie, des chœurs de toute beauté furent exécutés par les enfants des écoles. De gracieuses fillettes vêtues de robes blanches et portant l’écharpe tricolore déposèrent des palmes de la Victoire et du Souvenir sur la pelouse déjà couverte de pieuses reliques.
Cette fête si touchante fut admirablement réussie grâce à la vigilance et au zèle du comité d’organisation, à son dévoué président, M. Petitjean ; grâce aussi au principal animateur, M. Bouloumié, maire de Vittel. Le service d’ordre, assuré par la police municipale et par les pompiers, mérite, lui aussi, une mention toute spéciale.
LE BANQUET
Après la cérémonie un banquet fut servi aux invités de Vittel au «Nouvel Hôtel». Environ deux cents couverts étaient dressés dans la grande salle du restaurant, décorée pour la circonstance. Menu fin et exquis, service parfait. Pouvait-il en être autrement, d’ailleurs, dans la ville favorite des touristes avertis ?
Au dessert plusieurs toasts furent prononcés. M. le docteur Pierre Bouloumié, ancien combattant de 1870, prit la parole et malgré ses 76 ans, d’une voix juvénile et pleine d’entrain, apporta aux soldats de 1914, l’hommage des glorieux défenseurs de 1870.
Ainsi se termina cette inoubliable journée du Souvenir qui magnifia les quatre-vingt-dix-neuf héros de Vittel, morts au Champ d’honneur.
Le Télégramme des Vosges, 5e année, n°1355, lundi 18 septembre 1922, pp2-3.
Inauguration
dimanche 17 septembre 1922
Dernière modification : jeudi 18 décembre 2025